
Il y a quelques temps, une recette de simili-mayo healthy à base d’œufs durs mixés avec un peu d’huile, de moutarde et de vinaigre a beaucoup occupé les réseaux : et cette recette, à force de la voir passer et bien j’ai fait comme tous les braves cornichons trop influençables du monde entier ; je l’ai testée ^^.
Bah, ce n’était pas si mal, honnêtement, mais cette recette présentait tout de même à mon sens deux défauts : le goût d’œuf dur un peu trop prononcé (oui, même avec de bons œufs fermiers ultra frais), et la texture un tantinet crayeuse (trop éloignée de celle d’une vraie mayonnaise).
Malgré tout, à la maison on l’aimait bien cette recette : avec des asperges ou des pommes de terre par exemple, ça nous faisait une petite sauce un peu nappante et régressive avec énormément moins de calories qu’une véritable mayonnaise. Et oui, parce que même sans être une fanatique du comptage de calories je sais tout de même que l’huile d’olive, qui est certes un véritable trésor pour la santé, affiche « traitreusement » 90 calories par cuillerée à soupe. Alors imaginez quand on laisse couler le tiers, voire la moitié d’une bouteille d’1l sur le fouet du batteur à chaque fois qu’on a un reste de poisson froid ou quelques malheureux bulots à accommoder ! (Papaaa, si tu me lis il va falloir arrêter ça ! ^^)…
Sur le principe, cette recette de mayonnaise aux oeufs durs entiers n’était donc pas idiote : avec sa liste d’ingrédients naturels minimaliste, c’est en tout cas bien mieux que les « mayonnaises allégées » du commerce et leur cortège d’adjuvants un peu chelous. Dommage que le résultat gustatif ne soit pas tout à fait à la hauteur…
Et puis un beau matin, une idée d’amélioration de cette recette m’est venue, schling !, comme la petite ampoule allumée dans les bandes dessinées : si j’utilisais des œufs mollets (blanc bien souple, jaune coulant) à la place des œufs durs caoutchouteux de la recette initiale? Comme je l’espérais, le résultat a tout de suite été beaucoup plus convainquant ! Bye bye le petit goût de souffre des œufs archi-durs… coucou la texture beaucoup plus lisse, onctueuse à souhait, qui fait tellement plaisir…
J’ai aussi testé -car quitte à me lancer dans un crime de lèse mayonnaise, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin- l’idée très farfelue d’y ajouter un petit peu de kéfir de lait : ça donne un côté encore plus crémeux, tout en apportant de bons probiotiques.
Vraiment, cette simili-mayonnaise est assez proche des sensations d’une mayo traditionnelle pour que le résultat soit très satisfaisant : à nous les toasts et sandwichs aussi nutritifs qu’équilibrés, les œufs mimosa bien régressifs, les trempettes gourmandes de crudités (ou de bulots bien poivrés, miam…) dans leur petit bol de mayonnaise, à nous aussi la délicieuse tartine « poulet froid avocat mayo » du dimanche soir, la salade de pomme de terre bien crémeuse au thon ou au hareng fumé voire aux rondelles de saucisses de Francfort), l’aïoli aux bons légumes d’été, la rouille pour la soupe de poisson ; et j’en passe !
Le tout sans avaler l’équivalent d’un verre d’huile à chaque fois…
Car après calcul, le bol entier de 300g (pour au moins 6 parts) fait environ 450 calories… contre 2100 calories le même bol de « vraie » mayo » ^^.
De plus, avec cette recette plus personne ne pourra « rater la mayonnaise » puisque tout se mixe aussi bêtement qu’une soupe ou une purée pour bébé. Si l’on sait faire une soupe, une sait faire ma simili-mayo ! Alors que la vraie, celle qui part d’un innocent jaune d’oeuf cru et monte (ou pas) en fonction de la météo, de la marque du mixeur, du signe astrologique du cuisiner, du quartier de lune montant ou descendant, de la couleur de la poule au moment de la ponte, de l’humeur du type qui a mis l’huile en rayon, voire de la façon dont le jaune d’oeuf (Ardéchois) et la moutarde (Dijonnaise) vont comploter contre l’huile sous prétexte qu’elle est espagnole, c’est ter-mi-né !
Maintenant on jette tout dans le bol (après avoir tout de même écalé les oeufs, faut pas charrier), et quelques coups de mixeur plus tard le tour est joué !










Les ingrédients
(pour un bol d’environ 300g)
- 3 oeufs mollets, cuits exactement 6min à l’eau bouillante
- 1 c. à café très bombée de moutarde
- 50g de kéfir de lait, ou de yaourt bien crémeux (au lait entier, ou au lait de brebis)
- 2 c. à soupe d’huile d’olive
- 1 c. à café rase de sel
- 1 à 2 c. à soupe de vinaigre (de cidre ou de vin)
La recette :
(trèèès compliquée, houlala)
Mixer tous les ingrédients avec un mixeur plongeant ou au robot (les deux fonctionnent) jusqu’à ce que tout soit parfaitement lisse et onctueux.
Et voilà !
(Bien couvert, le bol se conserve jusqu’à 3 jours au frais).
Les variantes
- Mixez une à trois gousse(s) d’ail en même temps que les autres ingrédients pour la version « Aïoli »
- Ajoutez (sans mixer) 2 c. à soupes de câpres, quelques cornichon hachés, une échalote et quelques brins de persil ciselés pour la version « Ravigote »
- Ciselez finement 5 brins de cerfeuil, 1 brin d’estragon et 1 échalote pour une version « Béarnaise »
- Mixez 1 c. à soupe de concentré de tomate et 10cl de vin rouge préalablement bien réduit à la casserole pour une version « Bourguignonne »
- Mettez du vinaigre balsamique à la place du vinaigre de vin, et ajoutez 5 filets d’anchois à l’huile d’olive pour une version italienne
- Concassez et rajoutez quelques gros grains de poivre noir et de baies roses pour une version « sauce au poivre »
- Mixez avec le reste des ingrédients 1 pointe de cuillère de purée de piment, 1 dose de safran, 1 cuillerée à café bombée de concentré de tomate et une gousse d’ail pour la version « rouille »
- À vous d’inventer la suite ;)…

… mais que ce ne soit pas une excuse de faire une fondue bourguignonne en plein été (je vous vois, je vous entends, on ne peut RIEN cacher à Marie Chioca ! Vu qu’elle a les mêmes idées loufoques que vous, mais avec toujours un train d’avance…







