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Halte à la déprime ! Je sais, pour certains, c’est bientôt la rentrée… Vous êtes en train de vous battre (ou de vous débattre) avec des histoires de cartables « Hello Kuku » ou « Grand Galopin » qui coûtent la peau des f****s mais font rêver vos petites filles, vous recherchez qui a bien pu dévorer la règle, le rapporteur et l’équerre métalliques que vous aviez acheté l’an dernier pensant que ça ferait au moins 5 ans (ah ah !), vos garçons ont pris 2 pointures depuis juillet et c’est vous qui allez devoir enfiler, pour ne pas les flanquer aux ordures, leurs ridicules shoes bleu métallisé à crampons achetées en juin. Je sais, je sais.
Là dessus, il y a aussi le coup des horaires de cars extravagants pondus par des bureaucrates qui ne se déplacent qu’en bagnole, des horaires de train pondus par des méga-bureaucrates qui ne se déplacent qu’en avion privé, et dans tout cela il va falloir, dès la semaine prochaine, que 4 de vos enfants soient en même temps à 8H30 dans 4 établissements différents aux 4 coins diagonaux de la ville. Fastoche.
Sans compter les profs de science qui veulent des cahiers 73,5 pages en format A6, avec une page blanche toutes les 3 pages, et à spirales s’il vous plaît.
Mais le soleil lui, ce bon et brave soleil de septembre, n’est-il pas merveilleux ? N’est-il pas là pour nous rappeler que c’est encore l’été, du moins officiellement jusqu’au 21 ? Alors moi je vous propose une chose : maintenant que vous en avez bien bavé avec vos listes et tracas de rentrée scolaire, que penseriez-vous de flanquer les cartables dans un placard et de partir en pique-nique…
C’est en tout cas ce que je viens de faire avec mes loustics, grâce à la gentillesse de ma fille aînée qui nous a préparé, sachant à quel point j’aime ça, de somptueux pans bagnats qui sentent si bon l’été… Je vous donne la recette ici, c’est quasiment la même que dans mon « Carnet de cuisine du pays niçois », sauf que ma fille à utilisé de la farine complète de grand épeautre à la place de la farine de blé. Et c’était encore plus délicieux ainsi !
Pour faire un très bon bagnat, il faut un petit pain rond, des légumes tout frais (tomate, laitue, céleri, concombre, poivron, cébette…), des œufs, des anchois, une bonne huile d’olive, un trait de vinaigre et du thon. Mais il faut aussi de la patience, car il sera encore bien meilleur le lendemain, quand le pain sera « baigné » de sauce et du jus des légumes… D’où le nom de pan bagnat, qui signifie « pain baigné » en niçois ! Du coup, pour déguster avec classe votre pan bagnat bien « baigné » il vous faudra beaucoup de pratique, de dextérité, et malgré tout je ne vous garantis pas le résultat… Alors si vous ne voulez pas ramasser sur vos genoux la rondelle de tomate et l’anchois entraînés dès la première bouchée par une feuille de laitue facétieuse (ou qui se seront échappés par l’arrière pendant que vous faisiez bieeeeen attention à la feuille de laitue), il ne faudra pas oublier d’emmener en pique-nique votre serviette de table de compétition (celle toute bucolique héritée de mémé Marcelle, damassée et brodée à ses initiales de jeune fille, et qui fait 90cm de côté par exemple).
Ah et puis aussi, évitez le pan bagnat pour un rdv poétique avec votre fiancé, sauf si vous aimez vivre dangereusement (ou que vous fréquentez un homme des cavernes qui ne s’effrayera pas de vous voir flanquer toute la garniture du pan bagnat sur votre chemisier à la troisième bouchée…)

Pour 6 pans-bagnats
Préparation : 45 minutes (si on fait soi-même les petits pains), sinon 20 min
Cuisson : 25 min pour les pains
Repos : 2h pour la pâte à pain, 12 h pour les pans-bagnats
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Pour les petits pains :
1 kg de farine complète de grand épeautre
1 cube de levure fraîche
huile d’olive
1 c. à café de sel finPour la garniture :
3 tomates
1 poivron rouge
1 concombre
3 branches de cœur de céleri
3 cébettes
6 œufs durs
400 g de thon
18 filets d’anchois
huile d’olive
vinaigre
quelques olives noires dénoyautées (facultatif)
sel—
Préparer les petits pains : écraser la levure dans 60 cl d’eau tiède puis verser dans la farine, ajouter le sel, 4 c. à s. d’huile d’olive, et pétrir la pâte quelques minutes, le temps qu’elle devienne douce, élastique et moins collante. Couvrir et laisser lever dans un endroit tiède pendant 1 h 30.
Reprendre la pâte pour la faire retomber, puis la diviser en 6 pâtons égaux. Former 6 boules bien rondes (la pâte va s’étaler en levant), les disposer sur une plaque garnie d’un papier cuisson et laisser lever à nouveau pendant environ 30 à 45 min.
Pendant ce temps, préchauffer le four à 260°C.
Enfourner les petits pains 5 minutes à température maximum, puis baisser à 150°C pour la suite de la cuisson. A la sortie du four, les laisser refroidir avant de les évider comme indiqué sur la photo.
Attention, on ne coupe pas un pan bagnat comme un hamburger ! Sinon la garniture se sauve… Découper d’abord un chapeau aux deux tiers de la hauteur, puis enlever la mie en faisant bien attention de ne pas trouer la croûte.
Ensuite, garnir les pans bagnats en répartissant équitablement les légumes, les œufs, le thon et les anchois, sans oublier de saler et de verser une petite rasade d’huile d’olive et un trait de vinaigre.
Emballer les pans bagnats dans un papier ou un petit sac (en évitant le papier d’aluminium), et laisser au frais jusqu’au lendemain.


⇒ Quelques infos et annonces « en vrac » pour terminer :
– Tous les gagnants du concours sur les confitures pourraient-ils me renvoyer leur adresse? J’ai eu un gros bug sur ma boîte mail… Merci d’avance pour votre immense patience.
– Merci infiniment aussi de me pardonner pour le retard dans les réponses à mes mails. Cela me désole vraiment de savoir que certains d’entre vous attendent vraiment une réponse avant de réaliser telle ou telle recette mais j’ai eu beaucoup d’invités à la maison cet été + ma tribu à m’occuper + des recettes et photos tous les jours pour mes livres en cours = Marie Chioca complètement à l’ouest là…
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Pique-nique avec ces pains bagnats au bord d’un lac. Un régal des papilles, une explosion de saveurs en bouche. Je ne comprends pas pourquoi il faut le laisser une nuit au frais ? Ca a peu mouillé le fond du pain. J’ai bien prévenu de manger au-dessus de la serviette, sinon, pas grave, les fourmis se sont régalés.
Merci Marie, les pains + le carrot-cake, tu étais avec nous pour le pique-nique !
Bonne nuit.
Bonjour, j’adore cuisiner tes recettes, c’est toujours très agréable! Et les piques nique au mois de septembre, ahlala quel bonheur ^^!
J’avais juste une question à propos des pains, aurais tu une proposition pour faire quelque chose de la mie que l’on a retiré ?
Sinon j’ai hâte d’essayer!
Merci beaucoup et bonne rentrée!
Et bien, tu peux par exemple la mettre dans un gratin de légumes, dans des croquettes de thon, dans une soupe pour l’épaissir… ou la faire sécher pour la réduire en chapelure !
Bonne rentrée à toi aussi Lily 🙂
Marie
je m’y mets dès demain, ravi de savoir (presque) faire mon bon pain « tout seule » sans épouser un boulanger !
Marie Chioca, j’adore votre « mauvaise humeur » qui me fait rire. Merci d’exister et je vous envoie par mail tous mes vœux extra ordinaires pour cette nouvelle année 2024. Nilse
C’est si gentil, merci Nilse 🙂
Bon week-end !
Bonsoir Marie! Je l’ai déjà dit mais j’aime le pain à un point… J’ai adoré ces » petits » pains et leur garniture, je les ai faits deux fois et mes enfants m’en redemandent. Par contre, ça fait une sacré quantité. Il faut les manger après 3h de crossfit suivies d’une randonnée de 20km et après 16h de jeûn intermittent 😁.
Petite question : une idée de quoi faire de la mie non-utilisée ( quand les enfants ne boulottent pas tout )? Chapelure?
Merci pour cette recette, très facile et sympathique à faire.
Bonne soirée!!!
Chez les Chioca, à l’époque les enfants avaient justement un estomac de crossfiter H24 ^^
Cela a un peu changé depuis que mes garçons ont quitté le nid 😉
Pour ce qui est de la mie, je la rajoute généralement dans les plats de type gratins, ou pour épaissir les soupes (une fois mixée :))
Bien à toi,
Marie
C’est vrai que les garçons sont des gouffres à nourriture! Remarque… Mes 4 enfants ( deux garçons deux filles) se transforment en monstres quand ils ont faim ( ils font la tête, traînent, râlent). Pas plus tard que ce matin, j’ai emmené ma voiture chez le carrossier (qui doit la garder jusqu’à mercredi ou jeudi) avec mes quatre enfants ( et le pique-nique quand-même et heureusement) et j’ai eu la sublime idée de rentrer chez moi à pieds. 8km de marche en théorie… Parce qu’avec moi, et en pratique, on fait un détour pour voir où j’ai vécu étant petite, ou papy travaillait avant, ou pour visiter une église, un parc, passer par des endroits connus et inconnus et mystérieux ( pour mieux se perdre et faire de plus longs détours). Bref, après 1h30 de marche à 11h, ma fille soufflait, râlait, boudait pour tout et rien. Du coup, à 11h30, pause pique-nique et ça allait bien mieux, la joie était de retour. Et heureusement aussi car nous avons finalement marché 16km.
Tout ça pour dire qu’un pan bagnat aurait été le bienvenu aujourd’hui.
Merci pour les idées pour la mie. Je vais rester sur l’idée de la chapelure pour le moment pour faire des bouchées au fromage ou des nuggets de poulet. Le temps des gratins et soupes viendra quand il fera moins chaud.
16km ! Ma pauvre ^^
En te lisant j’ai l’impression de me voir 😉
Euh, » ma pauvre », non… Mes pauvres enfants oui. C’est moi qui » vrille » en cours de route et qui ai des idées subites à la noix 😁. Et mes enfants subissent… Ils grandissent et commencent à se méfier de tout ce que je leur propose, sentant venir le plan foireux. S’égarer dans une forêt : c’est fait. Escalader , en tongs, en pleine forêt ariégeoise, un pan de montagne sec, terreux , glissant et tellement abrupte prétextant que c’était un raccourci, après avoir suivi la piste d’un potentiel ours après avoir vu une grosse touffe de poils sur un » chemin » secondaire : c’est fait aussi ( se faire engueuler par l’homme quand il a vu la pente qu’on avait escaladée avec les filles, c’est fait aussi). Et j’en ai oublié tellement… Mais ça fait de tellement bons souvenirs.
J’ai quand-même réussi à convaincre mes enfants de faire une rando de 18km d’ici quelques jours quand il fera moins chaud… En leur promettant pour ce jour-là,des pancakes au petit-déjeuner, des pan bagnats pour le pique-nique, des muffins pour le goûter et des petits pains aux fruits secs ou lardons/ noix/ comté pour les encas… Trop facile de les corrompre avec tes recettes 😉
^^
Emprunter « pour faire une jolie balade » un chemin de pierres à flanc de colline avec un Renault Trafic caisse longue, patiner, devoir tout redescendre en marche arrière avec une pente à 15%, le bas de caisse qui vrille, les pneus qui hurlent, fument et projettent des pierres dans tous les sens, le fourgon qui risque de dégringoler en faisant des tonneaux, faire descendre les enfants pour éviter de faire les tonneaux avec eux, et s’en sortir en nage ne tremblant comme une feuille.
Voilà, ça s’est fait.
Faire une petite balade en forêt « pour détendre ma grande » qui doit passer son bac l’après-midi à 14H, tomber sur un énorme patou qui nous gronde dessus et nous empêche de passer sur le chemin alors qu’il ne restait plus que 2km, devoir refaire toute la balade (9km) en sens inverse, arriver à la maison à 13H40, partir pour l’épreuve du bac en mode rallye, lâcher sa fille en mode frein à main devant le portail du lycée…
Ça c’est fait aussi !
^^
Etc.
On se connaîtrait en vrai, on rigolerait bien je crois toi et moi !
😂🤣.
Tu me bats à plate couture! Déjà, je ne conduits pas à la montagne. J’habite La Rochelle, en Charente-Maritime, c’est tout plat. Quand ça monte ou ça descend, je suis en stress… J’ai peur que mon Espace parte en marche arrière.Remarque, quand je n’ai pas le choix, je le fais , mais c’est dur. C’est surtout qu’il nous arrive toujours un truc : un pare-brise, une vitre latérale ou la lunette arrière ( ça m’est arrivé la semaine dernière) qui pète spontanément en roulant, la batterie ( alors que je viens d’acheter la voiture) qui est morte, les freins qui prennent feu, un pneu crevé sur un chemin caillouteux ( des cailloux qui crèvent les pneus donc) fréquenté par un seul 4×4 en 5h ( le temps de changer le pneu et de perdre les enfants qui étaient partis fureter en forêt en attendant)…. J’en oublie. Forcément, j’appréhende de prendre le volant.
Et pour les trucs un peu » risqués »: il y a deux ans, j’ai décidé de prolonger nos vacances ,à 6h de route de chez moi, de quelques jours et rentrer le jour où mes enfants avaient RDV chez l’orthodontiste. Nous sommes arrivés pile à l’heure mais il n’aurait pas fallu tomber dans des bouchons.
Mais c’est clair que si nous nous connaissions, on rigolerait bien.
Je rembauche demain et mes collègues attendent avec impatience que je leur raconte toutes mes péripéties de cet été. Ça leur remonte le moral 😁. Il y en a même une qui m’a suggéré d’écrire un livre de toutes mes galères. Parfois, c’est tellement gros et fréquent que je suis sûre que les gens me prennent pour une affabulatrice… Si seulement 😂